Chevalier: n.m.; pl. chevaliers.
Description: Échassier des milieux humides, voisin du bécasseau mais généralement plus grand et plus élancé, à pattes longues et grêles et au bec le plus souvent droit, capturant de petits invertébrés dans l’eau peu profonde ou sur les vasières.
Historique lexical:
♦ 1. Avec la normalisation de la nomenclature ornithologique au 20ᵉ siècle, chevalier se stabilise graduellement comme nom générique restreint, associé aux Scolopacidés principalement du genre Tringa (Taverner 1919/1953, Godfrey 1972, CINFO 1993). → Noms composés normalisés: ◊ Chevalier aboyeur, ◊ Chevalier grivelé, ◊ Chevalier semipalmé, ◊ Chevalier solitaire, ◊ Grand Chevalier, ◊ Petit Chevalier. → Anciens noms composés: ◊ Chevalier à ailes blanches (Chevalier semipalmé), ◊ Chevalier à pattes jaunes, Petit Chevalier à pieds/pattes jaunes (Petit Chevalier), ◊ Chevalier branlequeue (Chevalier grivelé), ◊ Chevalier criard, ◊ Grand Chevalier à pieds/pattes jaunes (Grand Chevalier). ⇔ « Le Chevalier est un oiseau protégé. […]. Il vit sur les rives des fleuves et dans les régions marécageuses de l’Alaska et du Canada. […]. C’est un oiseau très tapageur, il terrifie les autres oiseaux pour défendre son territoire, même les plus grands que lui. Il n’est pas du tout amical. » (Bestioles, Le chevalier un oiseau tapageur, consult. 2026).
♦ 2. Chevalier, au sens de « oiseau de rivière aux longues pattes », remonte au moyen français, par analogie avec le chevalier monté sur son cheval. ⇔ « Les François, dit Belon, voyant un oysillon haut encruché sur les jambes, quasi comme estant à cheval, l’ont nommé chevalier. » (Buffon 1778, Tome 7, p. 510). Jusqu’au 19ᵉ siècle, le mot est employé comme nom de genre vernaculaire flottant, couvrant, dans une nomenclature encore instable, diverses espèces aujourd’hui réparties entre les genres chevalier, bécasseau, bécassine et maubèche (de Boucher 1664 à Puyjalon 1900). ⇔ « […] mais je vous nommeray seulement ceux qui sont proche de nous, & que l’on tuë tous les jours, comme Cygnes, Outardes, Brenesches, Oyes sauvages, Gruës, Canards, Cercelles, Plongeons de plus de dix sortes, Huarts, Butors, Herons, Beccasses, Beccassines, Chevaliers, Pluviers, Piroüys, Alloüettes de mer: car il n’y en a point des champs. Tous les noms cy-dessus sont oyseaux de rivieres; veu que s’ils ne se trouvent dedans, ils se trouvent le long des bords. » (Boucher 1664, p. 69).
♦ 3. Employé seul, le terme a pu désigner, en contexte nord-américain, certaines espèces de chevaliers ou de bécasseaux (LeMoine 1865, Provancher 1873, Macoun 1916). Contrairement à l’usage observé au 19ᵉ siècle, il n’est plus guère employé seul à l’écrit pour désigner une espèce précise, l’usage moderne recourant presque exclusivement à des noms composés. Il subsiste toutefois dans certaines enquêtes orales (Cayouette 1957, cit. TLFQ; Desfayes 1999).