CANARD

Canard: n.m.; pl. canards. Dérivés: cane « femelle du canard »; caneton, canardeau « petit du canard ».

Description: Oiseau aquatique palmipède, au corps trapu, au cou relativement court, au bec large et aplati muni de lamelles filtrantes, généralement jaune ou sombre, fréquentant les milieux d’eau douce ou côtiers.

Historique lexical:

♦ 1. Nom générique employé comme premier élément de binômes techniques pour désigner des espèces présentant une certaine similitude morphologique, sans frontière strictement définie, et dont le nom composé normalisé commence par Canard, par opposition à d’autres génériques de la famille (Fuligule, Eider, Macreuse, Harle, Sarcelle). Noms composés normalisés: ◊ Canard branchu, ◊ Canard chipeau, ◊ Canard colvert, ◊ Canard d’Amérique, ◊ Canard noir, ◊ Canard pilet, ◊ Canard siffleur, ◊ Canard souchet.

2. Nom générique large attribué à l’ensemble des Anatidés, à l’exception des oies et des cygnes, recouvrant plusieurs genres techniques (arlequin, canard, eider, érismature, fuligule, garrot, harelde, harle, macreuse, sarcelle) et subdivisé en sous-groupes fonctionnels. Binômes génériques fonctionnels: canard plongeur, canard barboteur, canard de surface, canard percheur. Anciens noms composés: ◊ Canard à front blanc (Canard d’Amérique), ◊ Canard arlequin (Arlequin plongeur), ◊ Canard eider (Eider à duvet), Canard huppé (Canard branchu), ◊ Canard malard (Canard colvert), ◊ Canard roux (Érismature rousse). ⇔ « Le canard, tout comme l’oie et le cygne, appartient à la famille des Anatidés, qui compte 158 espèces vivantes et quelques-unes éteintes récemment. On rencontre des canards partout dans le monde. » (M. K. McNicholl, Canard, L’Encyclopédie canadienne, mise à jour 2015).

♦ 3. Mot attesté depuis l’ancien français, relevé dès les documents du 16ᵉ siècle sur l’Amérique du Nord, appliqué à des espèces de plus grande taille, par opposition à sarcelle, utilisé pour des canards de petite taille. ⇔ « Il y a aussi grand nombre d’oyseaulx, scavoir grues, signes, oltardes, oyes sauvages, blanches, & grises, cannes, cannardz, merles, mauvis […] et autres oyseaulx comme en France. » (Voyage de J. Cartier au Canada [1535-1536], 1863 [1545], p. 33). ⇔ « Jack, Jack, Jack, Jack disaient les canards, les perdrix et les sarcelles. » (Gilles Vigneault, Jack Monoloy, 1962). 

CANARD BARBOTEUR

Canard barboteur: n.m.; pl. canards barboteurs.

Description: Canard qui se nourrit en immergeant l’avant du corps sans plonger complètement, fréquentant généralement les eaux peu profondes (marais, étangs, ruisseaux), par opposition aux canards plongeurs.

Historique lexical:

Appellation générique fonctionnelle relevant d’un usage descriptif moderne en français, vraisemblablement calqué de l’anglais à la fin du 20ᵉ siècle, et stabilisé pour remplacer des expressions plus fluctuantes telles canard de rivière ou canard d’étang, ainsi que canard de surface, aujourd’hui en recul. Il désigne les canards de la tribu des Anatini, soit au Québec: le Canard branchu (également canard percheur), le Canard chipeau, le Canard colvert, le Canard d’Amérique, le Canard noir, le Canard pilet, le Canard siffleur, le Canard souchet, la Sarcelle à ailes bleues, la Sarcelle cannelle, la Sarcelle d’hiver / Sarcelle à ailes vertes. ⇔ « Entre 1988 et 1992, le canard noir représentait avec le canard colvert près de 63 % de la récolte québécoise de canards barboteurs. Cette tendance fut également confirmée au lac Saint-Pierre où ces deux espèces comptaient pour 60 % des canards barboteurs abattus. » (Ministère de l’environnement, Plan de chasse à la sauvagine secteur lac Saint-Pierre, 1998, p. 15). → Synonyme: canard de surface.