Carouge: n.m.; pl. carouges.

Description: Passereau grégaire des milieux ouverts et humides du Nouveau Monde, au bec conique et pointu, au plumage noir généralement marqué de plages vivement colorées aux épaules ou à la tête, contrastant avec la livrée plus discrète, brunâtre et striée de la femelle.

Historique lexical:

♦ 1. Nom introduit en français au 18ᵉ siècle dans les récits naturalistes portant sur l’Amérique, d’abord appliqué à des oiseaux noirs appartenant au groupe des troupiales (Ictéridés) (Buffon 1775), puis employé au 19ᵉ siècle comme nom générique pour désigner certains ictéridés distincts des quiscales et des vachers. Il s’est stabilisé dans l’usage scientifique au cours du 20ᵉ siècle pour désigner principalement les espèces du genre Agelaius, supplantant pour celles-ci le générique étourneau (LeMoine 1861/1864, Provancher 1872, Dionne 1883, SCF 1983, OGA 1990). → Noms composés normalisés: ◊ Carouge à épaulettes, ◊ Carouge à tête jaune. → Nom composé ancien: Carouge commandeur. Ancien nom générique: ⇒ étourneau.

♦ 2. En français du Québec, carouge, employé seul, renvoie le plus souvent au Carouge à épaulettes, espèce largement répandue et familière des milieux agricoles et humides (dès Provancher 1874). ⇔ « L’oiseau au plumage noir attaque les visiteurs en effectuant des piqués au-dessus de leur tête. Tout a commencé la semaine dernière lorsqu’un oisillon est tombé du nid d’un couple de carouges, près de l’entrée principale. Le mâle, que l’on peut reconnaître aux deux épaulettes rouges sur son plumage, a alors commencé son manège. » (Agence QMI, Un oiseau sème la terreur devant la Maison de Radio-Canada à Montréal, Journal de Montréal, 2015).

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Suzanne Pellerin

Linguiste, lexicographe, membre du Club des ornithologues de Brome-Missisquoi