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MOYAC

Moyac: n.m.: pl. moyacs; souvent fém. dans l’usage. Var. orth. inform. ou anc.: moyaque, moniac, moyak.

♦ 1. Nom vernaculaire et usuel donné à l’Eider à duvet, utilisé dans toute la francophonie d’Amérique. Mot d’origine algonquienne, il est abondamment attesté depuis le XVIIe siècle. ⇔ « Le moyac dont on tire un duvet qui s’appelle edredon fait une partie de ce gibier; il passe pendant deux mois sur le bord de la mer en très grande abondance, et si bas qu’on le tuë a coups de baton. C’est un oyseau à peu près de la figure d’une oye, dont le masle est noir et blanc et la femelle gris cendré; c’est elle qui produit ce duvet, quand elle veut pondre; elle s’arrache tout celuy qu’elle a sans toucher à la grande plume, elle en forme son nid à terre sur des herbes et de petits bois secs […]. » (Raudot, Relation par lettres de l’Amérique septentrionalle, 1904 (1709), p. 44). ⇔ « La chasse aux moyacs est pratiquée par la population nord-côtière depuis toujours. Les chasseurs partent très tôt, avant le lever du soleil, pour trouver un bon endroit de chasse. Il faut être patient et être à l’affût, caché dans le canot. […] Le grand-père, le père, les oncles et les frères de Gilles Lebrun chassent la moyac. » (IREPI, Gilles Lebrun. Chasse à l’eider ou au moyac, 18 juillet 2006). 

Réf.: moyaque (Denys 1672, Lahontan 1705), moyac (Raudot 1709, Dionne 1883, Comeau 1945), moniac (Puyjalon 1900). Acadie: Moyac, mouyac, moiac (Massignon 1962, Desfayes 1999).

♦ 2. Dans des noms composés désignant l’Eider à duvet et d’autres espèces: Moyaque blanche « Eider à duvet » (Desfayes 1999, DHFQ 1998), Moniac passante « Eider à duvet s.e. borealis » (Puyjalon 1900), Moyac d’hiver et Moyac d’été « Eider à duvet s.e. borealis et dresseri (DHFQ, cit. 1959), Moyac remarquable « Eider à tête grise » (LFVQ 2025), Fausse moniac « Macreuse à ailes blanches » (Puyjalon 1900).

Onom.: Rivière Moyac (Minganie), Îles de la Moyac (Minganie). Recettes: fricot de moyac de Havre-Saint-Pierre, ragoût de moyac au chou de Mingan.