A É S

ALOUETTE

Alouette: n.f.; pl. alouettes.

Description: Passereau des champs et des prairies, vivant majoritairement au sol, au plumage cryptique brunâtre ou chamois, aux parties inférieures généralement claires.

Historique lexical:

1. Nom générique d’attestation ancienne en français pour désigner de petits oiseaux de la famille des Alaudidés et d’autres oiseaux plus ou moins apparentés; il apparaît dans les documents français du continent américain dès le 16ᵉ siècle (Cartier 1545 [1536], Lemoine 1861, Dionne 1883). Ce n’est qu’à la fin du 19ᵉ siècle que le nom alouette, comme nom de genre, est restreint à l’unique espèce indigène de la famille des Alaudidés, passant au rang de synonyme familier pour les autres espèces (Dionne 1889, Godfrey 1967, CINFO 1993). → Noms composés normalisés: Alouette des champs, Alouette hausse-col. → Anciens noms composés: Alouette cornue, Alouette de Virginie, Alouette ordinaire (Alouette hausse-col); ◊ Alouette des prairies, (Grande) Alouette des prés (Sturnelle des prés); Alouette pipi (Pipit d’Amérique).

2. Nom usuel de l’Alouette hausse-col attesté dès le 17ᵉ siècle. ⇔ « Proche de là, sur le chemin de Kebec, est l’Isle aux Alloüetes, ainsi nommee, pour le nombre infiny qui s’y en trouve par-fois. J’en ay eu quelques-unes en vie, elles ont leur petit capuce en teste comme les nostres, mais elles sont un peu plus petites, & de plumage un peu plus gris & moins obscur, mais le goust de la chair en est de mesme. » (Sagard 1632, p. 142).  

♦ 3. Nom générique au sens large employé depuis le 19ᵉ siècle pour divers oiseaux de rivage (Lemoine 1861). → Synonyme : ◊ Alouette de mer. Voir aussi Pluvier, Chevalier, Bécasseau, Maubèche

Onomastique: Alouette (comptine canadienne, faisant référence à l’oiseau, qui remonterait au 19ᵉ siècle), Alouettes (escadron de l’Aviation royale canadienne basé au Québec), Alouettes de Montréal (équipe de football domiciliée au Québec). 

ÉTOURNEAU

Étourneau: n.m.; pl. étourneaux.

♦ 1. Nom usuel et générique de l’Étourneau sansonnet, utilisé dans le nom normalisé: ◊ Étourneau sansonnet, var. Étourneau sansonnet d’Europe. Utilisé dans les anciens noms composés: ◊ Étourneau commun, ◊ Étourneau vulgaire (LFVQ 2024). ⇔ « La fécondité venant s’ajouter à ces dons naturels on comprend que les 80 étourneaux importés à New York en 1890 se soient multipliés et répandus sur tout le continent nord-américain, rompant un peu partout l’harmonie […]. De fait, les étourneaux prospèrent admirablement sous nos climats. Ayant laissé leurs ennemis naturels en Europe ils ont la vie facile. » (Mélançon 1969, p. 118-119).

♦ 2. Nom vernaculaire attribué à des Ictéridés d’assez grande taille au plumage foncé: le Quiscale bronzé (Mélançon 1969), le Carouge à épaulettes (Comeau 1945, Mélançon 1940/1969), le Vacher à tête brune (Mélançon 1969). Au pl., nom attribué à l’ensemble des oiseaux noirs de cette famille. ⇔ « N’en déplaise à nos campagnards qui ont donné son nom [= étourneau] à presque tous les oiseaux de sa taille portant un manteau sombre, le seul étourneau vulgaire au Canada est cet immigré européen [= Étourneau sansonnet]. » (Mélançon 1969, p. 117). Nom utilisé dans les anciens noms composés des carouges: ◊ Étourneau à / aux ailes rouges: Carouge à épaulettes (Comeau 1945, Guide du jeune ornithologiste  ~ 1975, Mélançon 1940/1969), ◊ Étourneau à tête jaune: Carouge à tête jaune (Comeau 1945).

♦ 3. Nom utilisé dans les anciens noms composés des sturnelles: ◊ Étourneau des prés: Sturnelle des prés. ⇔ « L’Étourneau des prés. Vulg. Grande alouette des prés. – Un peu rare. Niche. 19 avril 1900, 4 mai 1902. » (Comeau 1945, p. 367). ⇔ « On la [= l’Alouette cornue] distingue de l’Étourneau des prés aux rectrices blanches que porte ce dernier […]. » (Mélançon 1969, p. 49); ◊ Étourneau des prés américain, Étourneau des prés de l’Ouest: Sturnelle de l’Ouest (LFVQ 2024).

# carnaval des étourneaux: « [Les couples de Carouges à épaulettes] sont formés et le bord des eaux est plein d’animation et de chants. Cette période de joyeux abandon […] a été surnommée le carnaval des étourneaux. Elle dure le temps que mettent les herbes aquatiques à verdir et à pousser. » (Mélançon 1969, p. 246).