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BEC-SCIE

Bec-scie: n.m.; pl. becs-scie. Var. pl. : becs-scies. Var. orth. anc. : bec-à-scie, bec-en-scie, bec-de-scie.

Description: Canard plongeur piscivore au coprs élancé, caractérisé par un cou relativement long, une tête souvent huppée et par un bec long, étroit et muni de fines dentelures tranchantes.

Historique lexical:

♦ 1. Nom attesté dès le 17ᵉ siècle dans des sources décrivant la faune de l’Amérique française, au sens actuel de harle, employé tour à tour comme générique technique ou comme synonyme familier de harle, et encore présent dans la langue courante et les dictionnaires (Denys 1672, Le Page 1752, Provancher 1874, Puyjalon 1900, Taverner 1953, Godfrey 1972, Dion 1995). ⇔ « Oiseaux des Païs Septentrionaux du Canada. […] Becs de scie, espece de Canard. » (Lahontan, Mémoires de l’Amérique septentrionale, 1705, p. 47-48). ⇔ « On compare souvent les becs-scies à des marchands de poissons. D’ailleurs, leur chair goûte tellement le poisson que les chasseurs reposent leur fusil à leur vue. » (André Dion, Guide des Oiseaux saison par saison, 1995, p. 186). ⇔ « En France, ce canard est parfois appelé bec(-)en(-)scie ou bec(-)de(-)scie, mais on lui donne plus généralement le nom de harle, comme c’était le cas chez les spécialistes canadiens avant le milieu du XXe s. » (BDLP, consult. 2026).

♦ 2. Nom du Grand Harle, ou entrant dans la composition de son nom: Bec-scie (Provancher 1874, Puyjalon 1900, Canada, Louisiane et Acadie dans Desfayes 1999); Bec-scie d’Amérique (Puyjalon 1900); Bec-scie commun (Duchesneau 1970, SCF 1972, France dans GDT 1995); Grand Bec-scie (OGA 1990, Dion 1995,  GDT 1995, BDLP consult. 2026). « Ce canard plongeur est aussi connu sous le nom de Grand Bec-scie. Il construit son nid dans un trou d’arbres. L’hiver, il ne migre pas mais se déplace simplement dans un endroit, lac ou rivière, où l’eau ne gèle pas. » (Nouvelles d’ici, 5 oiseaux d’ici …, 11 mars 2022). ⇒ Grand Harle

3. Nom du Harle huppé, ou entrant dans la composition de son nom: Bec-scie (Puyjalon 1900, Taverner 1922); Bec-scie à poitrine rousse (Puyjalon 1900, Taverner 1934/1953, SCF 1972, OGA 1990, GDT 1997, BDLP consult. 2026); Bec-scie des lacs (Puyjalon 1900); Bec-scie de mer (Louisiane dans Desfayes 1999). ⇔ « La limite de huit canards par jour ne comprend pas le grand bec-scie ni le bec-scie à poitrine rousse, et elle peut inclure un canard branchu. » (La Gazette de Valleyfield-Beauharnois, Commentaires sportifs!, 12 août 1954). ⇒ Harle huppé

4. Nom entrant dans la composition du nom du Harle couronné: Bec-scie couronné (Dionne 1883 à Robbins & al 1983, GDT 1997, BDLP consult. 2026); Bec-scie huppé (Taverner 1934/1953); Bec-scie du lac (Louisiane dans Desfayes 1999); Bec-scie de rivière, Petit Bec-scie (Puyjalon 1900). ⇔ « Il y a encore de la neige et de la glace autour de l’étang du castor et la végétation commence à renaître. Solitaire, un bec-scie couronné mâle plane, dans son plus beau plumage printanier, en vue d’attirer une nouvelle compagne. » (Habitat faunique, Début du printemps…, 2025). ⇒ Harle couronné

⚜ Onom.: Centre plein-air Bec-scie (Saguenay), Rue des Becs-Scie (Sept-Îles), Baie du Bec-Scie (Mauricie), Grande île du Bec-scie (Mauricie), Lac Bec-Scie (Témiscamingue), Chute du Bec-Scie (Saguenay), Début du printemps – Bec-scie couronné (tableau de Ken Ferris).

HARLE

Harle : n.m.; pl. harles. Devant le h: le harle. Syn. fam.: bec-scie. 

Description : Canard plongeur piscivore de la famille des Anatidés fréquentant les lacs, rivières et eaux côtières froides, au corps élancé, à la tête foncée contrastée dont les plumes prennent des formes variées de huppe, caractérisé par un bec cylindrique et denticulé, adapté à la capture et à la rétention des poissons.

Historique lexical :

♦ 1. Nom générique attesté en français depuis le 16ᵉ siècle (nfom), regroupant au Québec trois espèces. Il est attesté dans les documents d’ici au 19ᵉ siècle, avant d’être en partie éclipsé au 20ᵉ siècle dans la langue technique par bec-scie, puis remis à l’avant-plan dans les noms normalisés (mention chez LeMoine 1861/1864, Provancher 1874, syn. chez Puyjalon 1900, Taverner 1922, CINFO 1993). ⇔ « Les Harles sont des oiseaux qui se nourrissent particulièrement de poissons et fréquentent également les eaux douces et les eaux salées. Leur vol est haut, rapide et continu. Ils sont généralement connus sous le nom de Bec-scie, par allusion à leur bec garni de pointes. » (Dionne 1883, p. 229).

♦ 2. Noms composés normalisés : ◊ Harle couronné, ◊ Grand Harle, ◊ Harle huppé.

3. Autres noms composés: ◊ Harle bièvre, ◊ Harle d’Amérique, ◊ Harle commun (Grand Harle). ◊ Harle à poitrine rousse, ◊ Harle denté (Harle huppé). ◊ Petit Harle, ◊ Harle huppé (Harle couronné).

4. Synonyme  Bec-scie

HARLE HUPPÉ

Harle huppé: n.m.; pl. Harles huppés. Taxon fr. de Mergus serrator. Taxon angl.: Red-breasted Merganser. Syn.: Bec-scie à poitrine rousse.

Description: Harle au corps fuselé, au dos noir verdâtre séparé des flancs gris par une couverture alaire blanche, à la tête vert foncé ornée d’une huppe qui se déploie sur la tête telle une hure, séparée de la poitrine roussâtre par un collier blanc. La femelle est grise, avec la tête rousse et le cou en déradé gris-brun. Statut de fréq.: Nicheur des latitudes nordiques, il hiverne près des côtes, dans les estuaires et grands plans d’eau non gelés. Peu fréquent mais largement réparti dans le Québec méridional, on le voit davantage, même dans les parcs, en période de migration.

 1.  Nom normalisé (1993) attesté depuis Buffon (Belon) (LeMoine 1864). ⇔ « Le bec scie ou harle huppé est très fréquent sur les lacs canadiens. Il se plait dans les mêmes eaux que le huard. S’il est aussi grand que lui, il s’en distingue par la couleur rousse et la huppe derrière la tête, ainsi que par sa nombreuse progéniture. » (AP Lac Clair, Le Harle huppé, s.d.). 

2. Synonyme: Bec-scie à poitrine rousse. ⇒ Bec-scie.

Autres noms: Bec-scie (Taverner 1919), Bec-scie à poitrine rousse (Puyjalon 1900, Taverner 1934/1953, SCF 1972, OGA 1990, Paquin et Caron 1998, GDT, USITO, BDLP), Bec-scie huppé, bec-scie à huppe, bec-scie de mer (ALEC 1980), Harle à poitrine rousse (LeMoine 1864, Dionne 1883/1906, Puyjalon 1900, Taverner 1919/1922, Macoun 1919, Comeau 1945), Harle, gaspard (LFVQ 2024); Harle denté (Provancher 1874).