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EIDER

Eider: n.m.; pl. eiders. var. orth. anc.: eïder.

Description: Grand canard plongeur des régions nordiques aux formes massives, au corps noir et blanc dont la forme particulière de la tête donne souvent l’impression qu’il porte un casque.

♦ 1. Nom générique d’oiseaux de la famille des Anatidés (du genre Somateria et autres), utilisé dans leurs noms normalisés: ◊ Eider à duvet, Eider à tête grise, dans le nom d’un visiteur: ◊ Eider de Steller, d’un disparu: ◊ Eider du Labrador, et dans d’autres noms historiques de ces espèces: ◊ Eider commun, ◊ Eider du Nord, ◊ Eider d’Amérique,◊ Eider remarquable.

♦ 2. Nom simplifié le plus connu de l’espèce: l’Eider à duvet. ⇔ « La plume et le duvet de cet oiseau sont des plus appréciés. Son duvet surtout atteint à une haute valeur. Chaque nid peut donner une once de duvet vif. Il faut six eïders de printemps pour récolter une livre de plume; il en faut sept en automne. » (Puyjalon 1900, p. 375). ⇔ « Le duvet d’eider est cueilli dans le nid des femelles eider, une semaine avant l’éclosion des œufs, tous les ans en mai. La délicate tâche est effectuée de façon responsable par les chercheurs de la Société Duvetnor et du Service canadien de la faune, qui en profitent pour baguer et évaluer la colonie d’oiseaux marins. » (RC / D’Est en Est, Une veste écoresponsable isolée de duvet d’eider des îles du Bas-Saint-Laurent, 6 janv. 2022).

♦ 3. Eider est également utilisé dans ◊ Canard eider, terme technique du XIXe et du XXe siècles et nom composé le plus souvent utilisé pour désigner l’Eider à duvet, mais aussi l’ensemble des eiders. ⇔ « Le CANARD EIDER. Encore abondant sur la côte nord du golfe Saint-Laurent, où je l’ai vu, il y a une vingtaine d’années, en quantité dépassant tout ce qu l’on peut concevoir. […] Nous en possédons trois espèces qui sont: « L’eïder commun […]. L’eïder remarquable […]. L’eïder du nord […]. » (Puyjalon 1900, p. 372-373).

EIDER À DUVET

Eider à duvet: n.m.; pl. Eiders à duvet. Taxon fr. de Somateria mollissima. Taxon angl.: Common Eider. Synonyme: moyac.

Description: Gros canard de l’hémisphère Nord, au plumage noir surmonté d’une cape blanche remontant jusqu’au cou, qui se caractérise, tel un casque d’armure médiévale, par la nuque vert émeraude et le bec cunéiforme verdâtre (forme atlantique), les joues blanches et la tête aplatie coiffée d’une calotte noire. La femelle a un plumage brun-gris moucheté avec le même bec conique. Statut de fréq.: Nicheur côtier qui fréquente les côtes et les îles de l’estuaire du Saint-Laurent et des provinces maritimes. On peut le voir le long du fleuve et des côtes maritimes en période de migration, et en grands groupes en hiver sur les eaux libres de glace.

 1. Nom normalisé (1993) attesté depuis les années 1980, il a remplacé comme nom technique Eider commun. ⇔ « S’il existe bien un oiseau qui représente l’arrivée de la belle saison pour les habitués du bord du fleuve, c’est bien l’eider à duvet. Il se pointe en avril, et ne nous quittera qu’à l’automne. […]. Au Québec, on le retrouve le long du fleuve, entre Charlevoix et Rimouski […]. » (Le Charlevoisien, L’eider à duvet, un habitué de nos reliefs rocheux, 14 juin 2023).

 2. Synonymes: eider, Canard eider.Eider. Moyac, moyaqueMoyac.

Autres noms rencontrés: Eider commun (Dionne 1883, Puyjalon 1900, Comeau 1945, Cayouette et Grondin 1977), Eider du Nord – s.-e. borealis (Puyjalon 1900, Dionne 1906, Taverner 1922, Comeau 1945), Eider d’Amérique s.-e. dresseri (Dionne 1906, Taverner 1922), Eider d’Europe, Eider vulgaire (LFVQ 2024), Canard à duvet, Oie à duvet (nfom).

MOYAC

Moyac: n.m.: pl. moyacs; souvent fém. dans l’usage. Var. orth. inform. ou anc.: moyaque, moniac, moyak.

♦ 1. Nom vernaculaire et usuel donné à l’Eider à duvet, utilisé dans toute la francophonie d’Amérique. Mot d’origine algonquienne, il est abondamment attesté depuis le XVIIe siècle. ⇔ « Le moyac dont on tire un duvet qui s’appelle edredon fait une partie de ce gibier; il passe pendant deux mois sur le bord de la mer en très grande abondance, et si bas qu’on le tuë a coups de baton. C’est un oyseau à peu près de la figure d’une oye, dont le masle est noir et blanc et la femelle gris cendré; c’est elle qui produit ce duvet, quand elle veut pondre; elle s’arrache tout celuy qu’elle a sans toucher à la grande plume, elle en forme son nid à terre sur des herbes et de petits bois secs […]. » (Raudot, Relation par lettres de l’Amérique septentrionalle, 1904 (1709), p. 44). ⇔ « La chasse aux moyacs est pratiquée par la population nord-côtière depuis toujours. Les chasseurs partent très tôt, avant le lever du soleil, pour trouver un bon endroit de chasse. Il faut être patient et être à l’affût, caché dans le canot. […] Le grand-père, le père, les oncles et les frères de Gilles Lebrun chassent la moyac. » (IREPI, Gilles Lebrun. Chasse à l’eider ou au moyac, 18 juillet 2006). 

Réf.: moyaque (Denys 1672, Lahontan 1705), moyac (Raudot 1709, Dionne 1883, Comeau 1945), moniac (Puyjalon 1900). Acadie: Moyac, mouyac, moiac (Massignon 1962, Desfayes 1999).

♦ 2. Dans des noms composés désignant l’Eider à duvet et d’autres espèces: Moyaque blanche « Eider à duvet » (Desfayes 1999, DHFQ 1998), Moniac passante « Eider à duvet s.e. borealis » (Puyjalon 1900), Moyac d’hiver et Moyac d’été « Eider à duvet s.e. borealis et dresseri (DHFQ, cit. 1959), Moyac remarquable « Eider à tête grise » (LFVQ 2025), Fausse moniac « Macreuse à ailes blanches » (Puyjalon 1900).

Onom.: Rivière Moyac (Minganie), Îles de la Moyac (Minganie). Recettes: fricot de moyac de Havre-Saint-Pierre, ragoût de moyac au chou de Mingan.